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Des bonnes feuilles d’un Petit tour au Proche-Orient sur Rue89

Jeune de Syrie, qu’aimes-tu de ton pays ? « Pas grand-chose »

« Un petit tour au Proche-Orient », paru en 2009, raconte une jeunesse syrienne en mal de liberté et les prémisses de la révolte. Lire la suite

À écouter ou réécouter l’émission Roue Libre du 17 août 2008, Damas, 8/10 :

La terrasse d'Abu Taleb, mon hôte à la frontière syrienneDemander un visa de journaliste en Syrie, c’est risquer de ne pas l’obtenir… ou de se retrouver flanqué d’un fonctionnaire du ministère de l’information. À la frontière syrienne, Raphaël se fait donc passer pour un disc jockey pour justifier le transport de son ordinateur et de son matériel d’enregistrement. À Damas, il est logé chez Michel, rocker, qui a appris la guitare et l’anglais pendant son service militaire en écoutant Jordan FM. De chez Michel, Raphaël part à la rencontre de cette jeunesse syrienne, majoritaire, qui n’a jamais entendu parler du printemps de Damas: Zeina, 21 ans, étudiante au conservatoire de Damas qui chante comment faire le mur, Nada, 20 ans qui se prépare à partir étudier en France à l’insu de ses parents contre lesquels elle se révolte. Leïla, 27 ans, opératrice cinéma et Ghazar, militante des droits de l’homme, racontent comment la jeunesse syrienne trouve -par la consommation notamment- des échappatoires face au poids de la dictature et de la société qui l’entoure.

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En Libye (sans bicyclette)

Radio Al-Hourrah, la radio libre des insurgés libyens / L’atelier des Médias / RFI

Depuis la prise de Benghazi par les opposants au régime de Mouammar Khadhafi, la radio Al-Hourrah, la radio libre de Benghazi informe les habitants de l’Est de la Libye. Un média révolutionnaire et clandestin que Raphaël Krafft a réussi à visiter. Il nous a envoyé ce reportage réalisé en début de semaine (avant le vote de la résolution 1973 des Nations Unies ouvrant la voie à un recours à la force contre l’armée fidèle à Khadafi et l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne).

Écouter

Le groupement de libraires Initiales publie un dossier sur le thème du reportage

télécharger le dossier (pdf, 4,2mo)

Reportage

Reportage est une invitation à découvrir ou redécouvrir une littérature, une littérature qui interroge le monde. Des écrivains se frottent au réel, en ramènent des histoires, des journalistes bousculent leur langue pour mieux rapporter la voix de l’autre.

Une littérature

Reportage est une invitation à découvrir ou redécouvrir une littérature, une littérature qui interroge le monde. Des écrivains se frottent au réel, en ramènent des histoires, des journalistes bousculent leur langue pour mieux rapporter la voix de l’autre. Une littérature que l’on distinguera cependant de celle du voyage.

L’écrivain de reportage cherche à dire soi et le monde à travers la parole de l’autre quand l’écrivain voyageur dit avant tout comment son intériorité est éprouvée par le voyage et la rencontre des autres. Reportage propose un panorama de la littérature de reportage depuis le début du XXe siècle à travers une succession de portraits d’auteurs.

Pour parler de ces écrivains, nous avons sollicité d’autres écrivains, d’autres journalistes. Nous ne voulions pas de portraits académiques, mais par l’évocation de l’univers de l’autre, faire révéler des affinités, des correspondances entre deux regards. Les choix sont donc affectifs. Certains parmi les noms que nous avons proposés auraient pu être choisis plusieurs fois, d’autres, peut-être trop intimidants, n’ont pas été retenus.

Nous avons opté pour une présentation chronologique. Le métier de reporter, le monde de l’information ont évolué dans le temps, l’écriture aussi. En introduction, un texte resitue cette littérature dans son cadre historique.

Par ailleurs, pour éclairer les pratiques plus contemporaines, nous avons réalisé deux interviews, l’un avec une grande reporter et l’autre avec les créateurs d’une revue dédiée au reportage.

Dans cette suite de portraits en échos et ces entretiens on lira une multitude de voix, autant de façons d’envisager le rapport entre littérature et réel, et de rendre hommage au courage et à la solitude du reporter, ce porteur de paroles.

Catalogue publié avec le concours du Centre national du livre.

Ce dossier a été conçu, coordonné et réalisé par Françoise Folliot et Nicolas Trigeassou (Librairie Le Square) pour les librairies Initiales. Il est constitué de textes inédits, portraits sensibles d’écrivains reporters d’hier et aujourd’hui, offerts par des écrivains, journalistes et lecteurs, et de deux entretiens.

Que soient ici remerciés : Olivier Bailly, Arthur Bernard, Myriam Boucharenc, Robert Briatte, Anne Brunswic, Emmanuel Carrère, Philippe Claudel, Patrick Cloux, Mathias Enard, David Fauquemberg, Fabrizio Gatti, Guillaume Jan, Jean-Paul Kauffmann, Raphaël Krafft, Michel Lafon, Michèle Lesbre, Jean-Paul Mari, Hubert Mingarelli, Anne Nivat, Gilles Ortlieb, Christophe Prochasson, Jean-Jacques Rosat, Leila Sebbar, Piotr Smolar, Marion Van Renterghem, Philippe Vasset et Tanguy Viel pour leurs textes.
Merci à Anne Nivat pour son témoignage recueilli par Nicolas Trigeassou et à Laurent Beccaria et Patrick de Saint Exupery de la revue XXI pour l’entretien qu’ils lui ont accordé.

Ce dossier est dédié à Anna Politkovskaïa et à Francis Lacassin.

Ma contribution au dossier :

RYSZARD KAPUSCINSKI OU L’ÉLOGE DU DÉNUEMENT

Ryszard Kapuscinski n’a pas 20 ans, en 1952, lorsqu’il est envoyé à la mine Alexandra-Maria de Dymitrow avec mission d’en rapporter un article de propagande. « Le hasard a voulu que j’arrive là-bas le jour où le personnel réuni se demandait comment transporter le corps d’un jeune mineur en Mazurie. Son père souffrant ne pouvait pas se déplacer jusqu’en Silésie et souhaitait que son fils repose parmi les siens. Lorsque quelques collègues du défunt ont manifesté le désir de transporter eux- mêmes le cercueil, flairant le thème, j’ai proposé de me joindre à ce cortège insolite. » Il s’ensuivra « Le Macchabée », reportage qui paraîtra plus tard dans le Bush polonais et qui raconte le voyage d’un cercueil à travers la Pologne communiste.

C’est à cette époque, dans la lignée du journaliste Ksawery Pruszynski et bien avant l’apparition du new journalism américain, que naît l’école polonaise du reportage littéraire où l’on emprunte aux techniques de la fiction, s’attache à des destinées singulières pour dire l’universel et recourt volontiers à l’ellipse ou aux tropes pour contourner la censure. En fait d’article de propagande, Ryszard Kapuscinski décrit une Pologne à l’infrastucture délabrée, aux paysages désolés. À quelques kilomètres du terme du voyage, le camion hors d’âge tombe en panne. « C’est sûr, on va y arriver. De plus, nous sentons avec acuité qu’il serait insupportable de rester là, immobiles, avec un cercueil au-dessus de la tête, plongés dans le noir, épiés par les fourrés perfides, délaissés par le monde, sourd à nos cris et à nos appels (…). »

Tout au long de sa vie, Ryszard Kapuscinski embrassera le destin de ses compagnons d’infortune. Si, en Masurie, il endosse les habits d’un croque-mort, plus tard, à Lagos ou à Dar Es Salam, il choisit de résider parmi les pauvres dans les quartiers populaires : « Comment connaître autrement cette ville, ce continent ? » Et ainsi de suite : dans le Sud de l’Angola, il accompagne les guerilleros du MPLA sur une route, dont il sait qu’on ne revient pas toujours ; dans la ville minière de Vorkouta, en Russie, il erre dans le blizzard ; à Kampala, terrassé par la malaria, sans le sou, il se rend au dispensaire municipal : « En m’affaiblissant et me fragilisant, observera-t-il, [la maladie] rabaisse mon statut prestigieux de Blanc, d’individu supérieur et, par là même, crée pour les Noirs l’occasion de devenir mes semblables. »

Le Noir, le mineur, le guerillero… Pour comprendre cet autre, Ryszard Kapuscinski épouse ses conditions de vie, entre en communion avec lui, recherche l’égalité du regard. Ce faisant, souvent malgré lui, il se place en situation de dépendance quand il lui faut trouver le gîte et le couvert, quand aussi vient le moment de témoigner par l’écrit. Car « le reportage est le genre littéraire le plus collectif qui soit puisque des dizaines de gens – les interlocuteurs que nous rencontrons sur notre route – contribuent à sa création en nous racontant des histoires de leur vie. » Autre allié, qu’il respecte aussi : ce qui le conduit sur sa route et qui a nom de hasard, de destin ou de Dieu : « Je suis allé à Koumassi (Ghana) sans but précis », écrit-il dans Ébène. Comme l’explorateur anglais Sir Wilfred Thesiger ou le reporter tchèque Egon Erwin Kisch, et contrairement à ses confrères qui débarquent de l’avion et peuvent être portés à voir les choses de haut, lui, arrive par la route, se souciant davantage du chemin à parcourir que du but à atteindre.

En 1962, il devient le correspondant de l’Agence de Presse Polonaise (PAP) pour toute l’Afrique. Ni l’immensité du territoire à couvrir, ni la solitude, ni le manque d’argent ne l’arrêtent. De Khartoum il part pour Stanleyville, d’Accra pour Tombouctou, de Luanda pour Pereira d’Eça, toujours par des chemins de traverse, au fil d’un voyage qu’il entend comme « une peine, un effort, un sacrifice ».

Le journalisme est pour lui une ascèse, faite de dénuement, d’humilité aussi, gage d’étonnement, d’émerveillement. Alors que ce métier est en crise et que le reportage s’avère la première victime des coupes budgétaires, la manière de Kapuscinski n’offre- t-elle pas des perspectives économiques et, surtout, éthiques à la nouvelle classe médiatique ? Un carnet de notes, une flasque à whisky, quelques dollars, et, dans son complet-veston élimé, il partait loin, longtemps. Son élégance faisait le reste.

RK.

Un petit tour au Proche-Orient, les rencontres de l’automne

Proche_Orient_FTout au long de l’automne, Raphaël Krafft parcourra la France pour présenter son dernier livre, Un petit tour au Proche-Orient, paru aux Éditions Bleu Autour (co-édition France inter, 312 pages, 18.00 €, mai 2009)

-12 septembre à la foire bio vélo d’Embrun : causerie sur le thème du journalisme à vélo.

-18 septembre à l’Auberge Némoz, Hameau de la Martinette, 38580 La Ferrière : Jean Lebrun et Raphaël Krafft, journalistes à France Culture et France Inter, vous donnent rendez-vous autour d’un verre pour partager leur vision du journalisme et présenter leurs derniers livres, respectivement Le journalisme en chantier et Un petit tour au Proche-Orient, parus chez Bleu Autour.

-22 septembre à librairie Terra Nova à Toulouse : à l’occasion de la semaine européenne de la mobilité qui se tiendra du 16 au 22 septembre à la Maison du Vélo de Toulouse, Raphaël Krafft présentera son livre à la librairie Terra Nova.

-5 octobre à Bayeux : en marge du prix Bayeux des correspondants de guerre, Raphaël Krafft qui a couvert plusieurs conflits entre ses voyages à bicyclette viendra partager son expérience de reporter avec les lycéens de la ville de Bayeux.

-3 octobre, au Festival International de Géographie, Saint-Dié (Vosges)

-9 octobre, à la Librairie l’Œil au Vert, Paris

-les 10 et 11 octobre, à la Fête du Livre, Montluçon (Allier)

-24 octobre, à la Fête du Livre, Saint-Étienne (Loire)

-6 novembre, à la Librairie Larcelet, Saint-Dizier (Haute-Marne)

-les 7 et 8 novembre 2009, au festival Des frontières et des Hommes, Thionville (Moselle)

-13 novembre, à la librairie La Machine à Lire, Bordeaux (Gironde)

-5 et 6 décembre, au salon du livre de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

-21 janvier 2010, à la radio Jet FM, Saint-Herblain (Loire-Atlantique)

Roue Libre 10ème et dernier épisode / Les noirs-marrons du fleuve Maroni

Fin de la route à ApatouDiffusion le dimanche 30 août de 18h10 à 19h sur France Inter (rediffusion à minuit)

Raphaël est arrivé à Saint-Laurent-du-Maroni après trois mois de voyage dans les Antilles françaises, en Dominique et en Guyane. C’est le pays des noirs marrons, ces d’esclaves noirs révoltés ou enfuis des plantations avant l’abolition de l’esclavage. Élevés en icônes de la résistance à l’esclavage par les Créoles, ils n’ont pas toujours la faveur de cette même population en Guyane. Souvent pauvres et ayant longtemps vécu dans l’environnement forestier le long du fleuve Maroni, les noirs-marrons commencent à trouver leur place dans la société guyanaise. Après une visite dans le quartier populaire de la Charbonnière à Saint-Laurent-du-Maroni, Raphaël emprunte la toute nouvelle route construite jusqu’au village d’Apatou en amont du fleuve. Alors qu’il s’apprête à troquer son vélo contre une pirogue, Raphaël apprend la disparition de l’ancien maire du village et décide de terminer son voyage à Apatou pour assister aux cérémonies funéraires…

Écoute en ligne :

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Roue Libre sur le site de France inter

Et en plus, une chanson originale du chanteur surinamien Kolonee rencontré sur la route d’Apatou :

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Roue Libre 9ème épisode / La jeunesse turbulente de Guyane

MarioDiffusion le dimanche 23 août de 18h10 à 19h sur France Inter (rediffusion à minuit)

De la frontière brésilienne où il s’est rendu dans l’épisode précédent, Raphaël a rebroussé chemin pour revenir à son point de départ, le bidonville de BP134 dans la banlieue de Cayenne. Là, il fait la connaissance de Mario, le professeur de boxe thaïlandaise. De mère libanaise et de père amé20090611stephane1rindien, Mario a grandi dans le quartier malfamé de la Crique, encore appelé Chicago ou village chinois avant d’être placé à la DASS. Condamné à plusieurs reprises à des peines de prison pour trafic de cocaïne, Mario s’est maintenant “rangé” et consacre sa vie à la boxe thaïlandaise. Lorsque Mario apprend que Raphaël prend la route de l’ouest en direction de Saint-Laurent-du-Maroni, il lui indique l’adresse d’une association de prise en charge de la jeunesse délinquante dirigée par son ami Erwan, lui aussi professeur de boxe thaïlandaise à ses heures. Raphaël fait enfin étape à Kourou où il rencontre Stéphane, clochard ressemblant étrangement à Steve McQueen ou Dustin Hoffmann dans Papillon selon qu’il porte ou non ses lunettes…

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Roue Libre 8ème épisode / Le Brésil en Guyane Française

José, travailleur clandestin à St Georges et sa familleDiffusion le dimanche 16 août de 18h10 à 19h sur France Inter (rediffusion à minuit)

De Martinique, Raphaël s’est envolé pour la Guyane Française. Il arrive à Cayenne sans son vélo qui a été égaré pendant le voyage. Sans moyen de locomotion et alors qu’il doit se rendre à la frontière brésilienne, Raphaël constate qu’il loge à deux pas d’un bidonville peuplé en majorité de Brésiliens et part à la rencontre de ses habitants. Son vélo retrouvé, Raphaël prend la route de l’Est et arrive à Saint-Georges sur les bords du fleuve Oyapock qui marque la frontière entre la Guyane Française et le Brésil…

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Ibrahim et son épouse Oum Daoud se découvrent en couverture

Un petit tour au Proche-OrientJ’ai confié un exemplaire d’Un petit tour au Proche-Orient (coédition Bleu autour / France Inter, mai 2008) à l’amie Corisande qui partait en vacances en Terre Sainte pour qu’elle le remette à mes hôtes dans le village de Beit Sira où j’ai séjourné en mai dernier lors de ma traversée du Proche-Orient à vélo. J’avais photographié Ibrahim, son père, son épouse Oum Daoud et leur fils aîné au moment de reprendre la route en direction de Jérusalem. C’est cette photo que Patrice Rötig, mon éditeur et moi avons choisie pour illustrer la couverture du livre. À son arrivée à Beit Sira, Corisande n’a eu qu’à montrer la couverture du livre au premier venu pour se faire conduire chez Ibrahim. “Tu seras accueillie comme une princesse” lui avais-je dit pour la rassurer. Corisande a passé deux jours et deux nuits chez eux, nourrie, logée, fêtée. Je la remercie.

ibrahim et son épouse Oum Daoud


Extraits du passage à Beit Sira dans Un petit tour au Proche-Orient (pages 170, 171, 172) :

(…) Une « clôture de sécurité » isole la route 443 qui permet de passer d’un territoire à l’autre sans s’en apercevoir. Quelques  centaines de mètres, et je trouve l’accès au village de Beit Sira. La route est barrée de blocs de béton par-dessus lesquels des enfants, souriants, charrient des rebuts de métal et de plastique. Au loin, le muezzin. La route serpente. Oliviers, vignes, calcaires jaunis par le couchant : Palestine de carte postale dans l’imaginaire des Palestiniens réfugiés au Liban ou ailleurs. Un berger sur un âne, à la tête d’un troupeau de chèvres, m’indique le chemin. Bientôt, un groupe de jeunes me fournit une escorte jusqu’au village en la personne de Mahmoud, 12 ans, sur son vélo BMX rouillé. Dans la côte qui mène au village, de plus en plus de maisons, avec, à l’étage inachevé, des fers à béton pointés vers le ciel. Tous les dix mètres, sur le pas des portes : « Thé ? Café ? » Je demande le maire et tombe sur son cousin, Ibrahim, qui, chaleureux, me tire par les bras. Impossible de reculer. La nuit est tombée. Sur la terrasse en parpaings, Oum Daoud, son épouse, m’apporte une couverture. Tout le quartier rapplique, me questionne, me fait fête, rares sont les visiteurs dans ces contrées. Café amer, thé, café turc, femmes affairées en cuisine, je n’ai que des cigarettes à offrir, je dois insister pour qu’ils les acceptent. Ibrahim, père de huit enfants, est le dernier des agriculteurs de Beit Sira. Son âne qui brait a repris du service, l’essence est trop chère, le tracteur rouille.

Le repas est servi dans le diwan, la grande pièce aux murs blancs décorés d’une photographie nocturne de la Kaaba et meublée de canapés rococo. Oum Daoud a préparé un mansaf (agneau au yoghurt), spécialité bédouine revendiquée comme plat national tant par les Palestiniens que par les Jordaniens. Nous mangeons entre hommes, même si Oum Daoud prend la liberté de s’installer quelques minutes sur l’accoudoir du canapé. Je suis le seul à la complimenter. Dans l’encadrement de la porte, les filles d’Ibrahim gloussent à ma vue, avant qu’il ne les rabroue avec fermeté. Jibril, le cousin d’Ibrahim, anglophone, accepte de traduire. Ce que Ibrahim pense de mon mode de transport ?
— J’ai cru que tu étais un gars du village… Je t’ai invité à venir chez moi avec le plus grand des plaisirs. Tu es un étranger mais tu es le bienvenu chez nous, tu seras notre hôte. Nous, en Palestine, nous sommes connus pour notre altruisme, notre hospitalité. (…)

Roue Libre 7ème épisode / Martinique : mémoire et commémoration de Schoelcher à Grand’ Rivière

Grand' Rivière, la plageDiffusion le dimanche 9 août de 18h10 à 19h sur France Inter (rediffusion à minuit)

Raphaël quitte Fort-de-France et pédale en direction du nord de l’île. Les rues sont désertes ce 22 mai, jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique. Après quelques kilomètres, Raphaël est convié à une petite fête organisée par le voisinage d’un quartier populaire de Schoelcher. Case-Pilote, Bellefontaine, Le Carbet… À Saint-Pierre, Raphaël trouve le gite chez Gérard, retraité de la Poste de retour en Martinique après 32 années passées en France hexagonale. Le Morne-Rouge, Ajoupa-Bouillon, Basse-Pointe, Macouba, Grand’ Rivière, petit village niché à la pointe septentrionale de la Martinique où s’arrête la route. Là, Raphaël est accueilli à l’habitation Beauséjour chez Jean-Louis de Lucy de Fonçarieu, planteur de canne. Michel, son ami d’enfance, ancien garde pénitentiaire vit à la rue Case Nègre, en bas de l’habitation où vivaient les esclaves…

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Roue Libre 6ème épisode / Martinique : voyage d’Aimé à Suzanne Césaire

Après l'averseDiffusion le dimanche 2 août de 18h10 à 19h sur France Inter (rediffusion à minuit)

À peine débarqué en en Martinique, Raphaël se rend sur la tombe d’Aimé Césaire au cimetière la Joyau. À deux pas, le Centre de Recherche Césairien a organisé un thé-dansant pour financer la publication de La lettre à Maurice Thorez qu’Aimé Césaire avait écrite pour justifier sa rupture avec le Parti Communiste Français. Parmi les convives en costumes et robes à fleurs, Raphaël rencontre Cléus, une des organisatrices de l’évènement. Son fils Richard vient de rentrer au Pays Natal et peine à s’y réintégrer. Après un entretien avec l’indépendantiste et polémiste Camille Chauvet dans un restaurant rapide du Super U de Schoelcher, Raphaël fait la connaissance de Sabine, patronne du café de l’Hôtel de Ville à Fort de France, elle aussi de retour au Pays Natal. Cette première étape martiniquaise se termine dans la forêt d’Absalon chère à Suzanne, première épouse d’Aimé Césaire…

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